Que sait-on aujourd’hui de la situation du VIH en France ?
La crise sanitaire a-t-elle fragilisé la prévention, le dépistage et la prise en charge des PVVIH ?
Informations disponibles mi-2021 : indicateurs 2019 et premières mesures de l’impact de la crise sanitaire.

L’ANRS anime le champ de l’épidémiologie et de la prévention du VIH à travers ses actions coordonnées qui rassemblent chercheurs et acteurs du domaine (cliniciens, agences de santé, associations). Elle rassemble des données de la surveillance régulière de l’épidémie et les résultats des recherches pour faire le point de la situation épidémiologique et des indicateurs de la politique sanitaire : ainsi un point complet de la situation a été publié en juillet 2020 (portant sur les années 2013 à 2018) pour appréhender la situation au regard des objectifs de fin de la transmission du VIH en 2030 (https://www.anrs.fr/sites/default/files/2020-07/epidemilogie-infectionvih-
france-2013-2018.pdf
).
Le présent texte rend compte de l’évaluation de l’impact de la crise sanitaire sur les activités de soins, de dépistage et de prévention afin d’informer les autorités sanitaires et les acteurs du VIH, appeler à la mise en place d’interventions, et d’identifier les points amenant à une redéfinition de l’agenda de recherche de l’agence.

Retrouvez la note d’information ainsi que le rapport complet de l’ANRS Maladies Infectieuses émergentes et de l’Inserm concernant la situation du VIH en France et l’impact de la crise sanitaire sur les objectifs fixés dans la lutte contre le VIH.
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Les informations concordent sur un bon maintien de la qualité de la prise en charge médicale des PVVIH déjà diagnostiquées grâce à l’adaptation des services hospitaliers comme le montre l’exemple de l’Ile-de-France ; cependant les données des enquêtes Covid et les informations remontées des associations communautaires indiquent que les populations clés du VIH, notamment les migrants et les travailleuses du sexe, sont impactées fortement dans leurs conditions de vie.

Les autres piliers de la prévention combinée sont fortement ébranlés :
- Une baisse du dépistage dans ses diverses modalités qui se reflète dans une baisse de plus de 30% des nouveaux diagnostics de population de toutes origines en Ile-de-France. La baisse des nouveaux diagnostics mais aussi de nouvelles prises en charge peut refléter principalement : (i) la baisse du dépistage (impliquant l’arrivée plus tardive des patients vers les structures de soins), mais éventuellement aussi (ii) une baisse de l’incidence dans certaines populations clés (à estimer dans les prochaines modélisations) et/ou la baisse de l’arrivée en France de migrants (documentée par le ministère de l’Intérieur et l’OFPRA) ;
- Un coup d’arrêt au déploiement de la PrEP est observé alors qu’elle constitue
actuellement un moyen essentiel pour réduire l’incidence dans les populations clés. Cette baisse ne semble pas être uniquement liée à une contraction de l’activité sexuelle ; son impact sur l’incidence doit être mieux évalué ;
- « L’aller-vers » a été pénalisé par la crise Covid alors que les associations communautaires signalent des difficultés majorées pour les populations clés, difficultés sociales et de survie pour les populations migrantes et précaires (comme le signalent les grandes études comme EpiCoV et SAPRIS) et pour les HSH une accentuation de l’isolement et des attitudes de rejet de l’entourage pour les jeunes vivant en famille. Les associations elles mêmes sont fragilisées dans leurs ressources humaines et dans leur financement.

Le maintien de l’objectif épidémiologique pour 2030 dépendra de la capacité à reprendre les activités très efficaces de la prévention combinée en s’appuyant sur une communauté qui reste fortement mobilisée associant chercheurs, cliniciens, associations et autorités sanitaires pour adapter le dispositif VIH au contexte de la crise de longue durée, lui permettre de fonctionner à plein et renouveler la communication vers les populations clés et le grand public.